Livres d'enfants

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 Fanfiction No 1 (A plusieurs)

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MessageSujet: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Lun 3 Nov 2008 - 11:32

Serge 1

Cela faisait deux jours que le Club des cinq était réuni pour les vacances de fin d'année.
Le temps était frais et la neige était tombée en abondance... Un drap blanc reposait sur la lande et la Villa des Mouettes était jolie comme une carte de fête. Dans trois jour, ce serait Noël... Un Noël blanc comme l'aimaient les enfants.
Annie Claude, François et Mick étaient radieux, et une bonne entente régnait entre eux. Le trimestre avait été si long, et ils se retrouvaient enfin.
L'oncle Henri était de bonne humeur, tante Cécile et Maria la cuisinière s'affairaient au salon et dans la cuisine, pour préparer le grand soir.
On jouait, on plaisantait, tout était merveilleux...
Mais depuis deux jours, à chaque promenade, Dagobert disparaissait, et bien qu'il revint à chaque fois, Claude était agacée, et un peu curieuse...
« Mais que peut-il avoir, grommelait-elle ? Lui qui est si obéissant d’habitude !
Il revenait de sa fugue, pas du tout piteux, enchanté de lui-même.
« D’où viens-tu, mon bon chien, murmurait la douce Annie ?
- s’il pouvait te répondre, marmonna Claude »
Ce matin là, comme on rentrait d'une balade dans la lande, Claude s'écria :
"Ah ! Non ! Dagobert a encore filé ! Que peut-il avoir, ces-jours –ci ! Il est insupportable !"
Tandis que les enfants secouaient et tapaient leurs bottes couvertes de neige dans le vestibule, François ajouta :
« il faudrait bien savoir où il va.
-Tiens, le voilà, dit Mick… Ce n’était pas la peine de s’inquiéter ! »
Ce soir là, les enfants étaient bien fatigués… Ils baillaient à qui mieux-mieux devant leur assiette, si bien que tante Cécile se moqua gentiment d’eux…
« Hé bien ! vous irez au lit sans rechigner, pour une fois…
-J’ai les jambes raides, dit Mick ! Cette promenade sur la lande enneigée était belle, mais épuisante.
Dans la chambre des filles, Annie et Claude bavardaient. Annie passait une chemise de nuit, Claude son pyjama.
Dagobert avait déjà retrouvé sa place au pied du lit de sa maîtresse.
Claude se glissa sous sa couverture, et regarda pensivement son chien.
« Il a un secret, dit la fillette. Il disparaît à chaque fois que nous sortons vers la lande.
-Regarde, dit Annie qui était à la fenêtre, la neige retombe… Si Dago recommence à se sauver demain, on pourrait suivre sa piste ?
-Oui, dit Claude. Demain, on fera semblant de ne pas le surveiller. Puis on le suivra discrètement.
-C’est exactement ce qu’il faut faire, dit Annie en baillant une nouvelle fois. Si tu veux bien éteindre la lumière, Claude, je tombe de sommeil.
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Georgina
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Lun 3 Nov 2008 - 18:01

Georgina 2

A peine quelques minutes plus tard, les deux fillettes étaient profondément endormies, bien au chaud sous leurs édredons. Dans la pièce voisine, les deux garçons ne tardèrent pas non plus à éteindre la lumière, puis François entendit son oncle et sa tante monter, alors que Mick ronflait légèrement. Le calme se fit bientôt dans la Villa des Mouettes.

Soudain, François s´éveilla, le cœur battant. Il consulta sa montre-bracelet aux aiguilles lumineuses, frissonnant sous ses couvertures. 4h du matin ! Il écarquilla les yeux dans le noir, n´osant plus bouger, l´oreille aux aguets. Rien. Pas un bruit ne venait troubler le silence. Un peu honteux d´avoir eu si peur, il enfouit sa tête dans son oreiller et essaya de se rendormir, se disant qu´une plaque de neige avait dû se détacher du toit et tomber lourdement sur le sol. Quel imbécile je fais, pensa-t-il.
C´est alors qu´il entendit Dagobert grogner sourdement dans la chambre des filles. Il se redressa sur son séant et tendit à nouveau l´oreille. Quelqu´un ouvrit, puis referma la porte d´à côté. Sans hésiter cette fois, il se leva, attrapa sa robe de chambre et sortit sur le palier, où il tomba nez à nez avec Claude, qui tenait fermement Dago par son collier. La fillette réprima un cri de frayeur, puis s´adressa d´un ton bourru à son cousin, vexée d´avoir réagi comme l´aurait fait Annie.
« Va donc te recoucher ! Ce n´est rien, je descends deux minutes avec Dag !
- Mais qu´est-ce qui se passe, chuchota François, alors que sa cousine, sans prendre la peine de lui répondre, continuait son chemin. « Attends-moi, je viens avec vous, insista-t-il, bien décidé à en avoir le cœur net.
Sans bruit, les deux enfants descendirent l´escalier à la suite de Dagobert, retenant leur souffle dès qu´une marche grinçait. Quand ils furent arrivés dans la cuisine, ils purent parler plus librement, la chambre des parents de Claude étant située à l´autre bout de la villa.
« Vas-tu enfin me dire ce qu´il y a ? demanda François à sa cousine.
- Mais je n´en sais rien. Je me suis réveillée quand Dago a commencé à s´agiter sur mon lit. Je voulais lui dire de se calmer quand il a sauté du lit et s´est mis à japper bizarrement en se dirigeant vers la porte. Regarde, le voilà qui veut sortir maintenant.»
Elle sortit de la poche de sa robe de chambre sa lampe de poche, déverrouilla la porte et voulut faire sortir son chien, mais François la retint par le bras.
«Tu es folle, tu as vu le froid qui fait dehors ! Tu vas attraper la mort. Et si Dago se met à aboyer, il va réveiller tout le monde, et je ne voudrais pas me retrouver face à face avec ton père au beau milieu de la nuit. Et puis, même les cambrioleurs les plus aguerris ne sortiraient pas par une telle nuit. »
Claude haussa les épaules, mais elle savait que son cousin avait raison. Elle se pencha vers son chien adoré et prit sa grosse tête sympathique dans ses mains.
« Mon pauvre Dago ! Qu´est-ce qui t´arrive à la fin ? Dis, François, tu crois qu´il est malade, il est tellement bizarre ces temps-ci, demanda-t-elle en se relevant, soudain inquiète.»
François lui donna une bourrade affectueuse pour la rassurer : « mais non, ma vieille, il est seulement fou à lier, comme sa maîtresse.
- Comment oses-tu, commença Claude, les yeux étincelant de colère, mais elle s´arrêta net en voyant le sourire de son cousin. Quel idiot tu fais ! Oh, mais regarde ! »
Leur tournant le dos, Dagobert s´apprêtait à quitter la cuisine pour se diriger vers l´escalier. Non, vraiment, quelque chose clochait chez leur fidèle compagnon.


Dernière édition par Georgina le Sam 15 Nov 2008 - 9:36, édité 1 fois
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Sally
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Lun 10 Nov 2008 - 18:30

Sally 3

Claude se recoucha à contre cœur et permit à Dago de se blottir contre elle sous les couvertures. Il poussa un grand soupir de satisfaction et ferma aussitôt les yeux loin de se douter du tourment qu’il donnait à sa jeune maîtresse.
Il ne se rend pas compte qu’il me rend ridicule songeait Claude. Moi qui me vante sans arrêt qu’il m’obéit au doigt et à l’œil… et demain, les autres vont vouloir suivre sa trace dans la neige pour découvrir je ne sais quoi. Je les vois déjà bien s’amuser à jouer les détectives et rire à mes dépens. Eh bien, je ne les laisserai pas faire. C’est mon chien après tout et ils n’ont pas à s’en occuper… je me débrouillerai bien pour que cette idée stupide tombe à l’eau…
Elle eut l’impression d’avoir fort peu dormi lorsque Annie l’éveilla en lui secouant doucement l’épaule.

Ce fut donc une Claude légèrement maussade qui arriva à la cuisine où ses cousins étaient déjà attablés devant leur chocolat fumant.
« Eh bien, ma vieille, tu es tombée du lit ce matin ? demanda Mick d’une voix légèrement railleuse.
- Claude, que comptes tu faire au sujet de Dago ? s’empressa de demander François, voyant que la mine de sa cousine s’allongeait.
- Mes enfants, j’ai un petit service à vous demander l’interrompit Mme Dorsel d’une voix enjouée : je voudrais que ce matin, vous mettiez la main à la pâte en m’aidant un peu au ménage. Il faut que la maison soit resplendissante pour la fête de demain et Maria et fort occupée à la cuisine. En compensation, nous pourrions aller faire nos dernières emplettes en ville cet après-midi et je vous offrirais un goûter dans une bonne pâtisserie.
- Oh oui ! bien sûr tante Cécile s’exclama Annie. En plus, j’ai encore des cartes à acheter et la ville sera superbe avec ses décorations et toute cette neige ! »
Le visage de Claude s’éclaira soudainement « oh, c’est parfait maman ! Moi aussi, j’ai encore des cadeaux à faire … »
Mme Dorsel regarda sa fille avec surprise : « c’est bien la première fois que je te vois si enthousiaste pour le ménage, Claude » fit-elle en riant.

La sonnerie de la porte d’entrée l’interrompit et Claude bondit sur ses pieds pour aller ouvrir.
Un inconnu portant un gros carton plat et rectangulaire se tenait devant elle.
« Excusez moi, est-ce bien ici qu’habite Monsieur Dorsel ? »
Claude répondit par l’affirmative et s’apprêtait à s’emparer du paquet lorsque l’homme l’arrêta d’un geste.
« Je suis désolé, jeune homme, mais j’ai reçu des consignes strictes : je dois remettre le colis à monsieur Dorsel lui-même… ».
Claude partit en flèche chercher son père, persuadée que celui-ci serait fort irrité d’être dérangé. Quelques minutes plus tard, Monsieur Dorsel rentrait dans la cuisine et déposait le colis contre le mur l’air satisfait.
« Papa, est-ce qu’il s’agit de matériel pour tes expériences ? S’enquit Claude avec quelque impatience.
- Henri, tu devrais mettre les enfants au courant à présent, ne crois-tu pas ? dit doucement sa femme.
A ces mots, les enfants tressaillirent et dressèrent l’oreille. Qu’avait donc encore manigancé l’oncle Henri.
- Quoi, qu’est-ce qui se passe Papa ? demanda vivement Claude.
- Calme toi, Claude, je t’en prie. Ce qui nous arrive ne bouleversera en rien tes vacances.
Figurez-vous mes enfants, que la grand-mère de Claude avait chez elle un tableau acheté il y a fort longtemps. Elle pensait qu’il n’avait aucune valeur… »
Les enfants écoutaient, suspendus aux paroles de l’oncle Henri…
« Mais une expertise approfondie a révélé qu’il s’agit en fait d’une peinture réalisée par un grand maître avant qu’il ne soit connu…la signature était dissimulée par des couches de vernis »
Les enfants n’en croyaient pas leurs oreilles.
- « Fantastique, réussit à articuler Claude. Mais pourquoi Mamie n’a-t-elle pas voulu garder son bien puisqu’il lui plaisait ? ajouta-t-elle en fixant Dago qui flairait avec soin ce gros paquet marron.
- Cette découverte a beaucoup perturbé ta grand-mère, Claude. Cela s’est très vite su dans le petit village où elle habite et des journalistes sont même venus l’ennuyer chez elle. La pauvre vit maintenant dans la hantise d’un cambriolage. C’est pourquoi elle nous a demandé de bien vouloir le garder chez nous en attendant de prendre une décision.
- Comme j’aimerais le voir ! murmura Annie.
- Mais oui, ma petite fille, ne t’inquiète pas …. Mais tu sais, à première vue, il n’a rien d’extraordinaire répondit l’oncle Henri en souriant. Par contre – et son visage se fit sévère tout à coup -, je vous interdis d’en parler à quiconque pour des raisons évidentes. J’espère que je peux compter sur vous, ajouta-t-il d’un ton sec.
- C’est promis ! clamèrent ensemble les enfants.


Claude et ses cousins étaient tout excités par cette histoire de tableau. Seule Madame Dorsel paraissait soucieuse. « Franchement, je me serais bien passée d’un cadeau de la sorte pour Noël » répétait-elle.
Cependant, elle retrouva le sourire durant l’après-midi passé avec les enfants. Il flottait dans l’air une délicieuse odeur de sapin et c’était un enchantement que de se promener dans les petites rues décorées en enneigées. Les pieds gelés d’avoir tant flâné devant les jolies boutiques, ils se ruèrent dans une pâtisserie où ils firent honneur aux petits gâteaux préparés pour les fêtes. Dagobert en reçu trois qu’il avala tout rond sous l’œil indulgent de la mère de Claude. « Toi aussi, tu aimes Noël ! Hein Dago ! » Fit Annie flattant le bon chien assit à côté d’elle.
Claude était fort satisfaite que les derniers événements aient fait oublié toute cette fâcheuse histoire à propos de Dagobert et savourait pleinement ce moment avec ses cousins.
Soudain, Mick se leva en disant qu’il faisait un saut à la librairie à côté : il voulait essayer de trouver la suite d’un roman policier passionnant qu’il venait de terminer.
« Restez au chaud, j’en ai pour dix minutes assura-t-il
- N’oublie pas que le car est à six heures, lui cria sa tante. »

Chez le libraire, Mick eut grand plaisir à voir sur une table toute une pile du livre qu’il cherchait. Avant de payer, il s’attarda à feuilleter quelques albums superbement illustrés. C’est alors qu’il sentit que quelqu’un l’observait. Levant brusquement les yeux, il vit un garçon à deux mètres de lui.
« Ça par exemple ! Quelle surprise ! » S’écria Mick. Mais son étonnement augmenta encore quand le garçon s’empourpra et quitta précipitamment le magasin…
Mick n’en revenait pas et se dépêcha de régler son achat pour rejoindre les autres.

« Devinez qui je viens d’apercevoir à la librairie lança-t-il tout excité, en se rasseyant. Allons, pour vous aider, je vous donne les deux premières lettres de son prénom : E et D !
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Calliope
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Ven 14 Nov 2008 - 22:11

Calliope 4


« Non ?! » Les trois cousins avaient répondu d’une même voix. Madame Dorsel les regarda avec curiosité. Si François, Annie et leur cousine avaient deviné de qui parlait Mick sans même y réfléchir, la mère de Claude était perdue.
« Edmond, maman. Tu sais le petit-fils de Madame Pichon. » Dagobert acquiesça les dires de sa maîtresse d’un « ouaf » affirmatif. C’est à ce moment qu’une petite lumière s’alluma dans l’esprit de Claude. Cependant, elle n’en fit rien paraître, et rit du comportement de Dago avec les autres.
« Parfois, j’ai l’impression qu’il nous comprend… Il ne lui manque que la parole» soupira Annie. Avant que Claude n’ai le temps de rétorquer à sa jeune cousine que Dagobert comprenait toujours ce qu’ils disaient, une boule de neige frôla son bonnet. Dessinant immédiatement un sourire joueur sur ses lèvres. Les enfants qui l’avaient lancé s’excusèrent. Trop tard. Mick défia Claude du regard. Et la bataille commença. Même la timide Annie s’enhardit à attaquer son frère aîné.

Une heure plus tard, l’autocar les déposait devant la villa des Mouettes, frigorifiés.
« Tout le monde à la douche et on ne discute pas ! » lança Madame Dorsel amusée. Les enfants n’attendirent pas qu’elle le répète. Ils se ruèrent dans leur salle de bain respective, et les vitres se couvrirent rapidement de buée tandis que la maison résonnait de cris et de rires.
Claude termina la première. Elle laissa sa cousine s’adonner à ces rituels futiles de fille pour aller chercher son chien, son cher, très cher compagnon.
« Dago… Dago » cria-t-elle « Dago… Dagobert… Où est-tu mon bon chien ? Nous allons bientôt souper » ajouta-t-elle pour le prendre par les sentiments. Rien. Si l’estomac de Dago ne le ramenait pas à la raison, c’est qu’il n’était pas dans la maison. Claude chaussa ses pantoufles et s’aventura dans le jardin, les cheveux mouillés. Elle arpenta les allées pendant un quart d’heure, mais Dagobert restait introuvable. Elle s’apprêtait à rentrer quand un jappement plaintif attira son attention de l’autre côté du portail. Son cœur battant à tout rompre, elle courut ouvrir. Son chien la regarda penaud comme s’il lui demandait pardon. Claude leva le doigt, menaçante. Une petite tache de sang dans la neige suspendit son geste. Elle prit son chien dans ses bras et l’emmitoufla dans sa robe de chambre.

« Maman ! Maman ! Dagobert...» Madame Dorsel apparut sur le pas de la porte, elle laissa passer sa fille qui entra en trombe dans le vestibule. Claude eut du mal à reprendre son souffle, et sa mère encore davantage à comprendre ce qu’elle essayait d’articuler : « Chien…Blessé…Soins…Maman…Aide ».
Tout ce raffut avait attiré Mick, Annie et François. Eux-aussi eurent du mal à se rendre compte que Dagobert saignait de plus en plus abondamment. Lorsque Claude se décida enfin à poser son chien, Madame Dorsel l’examina avec douceur. Un morceau de verre brun s’était logé entre ses coussinets, attaquant les chaires de sa patte arrière. La blessure n’était pas belle à voir et une larme coula sur le visage de Claude. Elle l’essuya du revers de sa manche, mais Annie l’avait aperçu. Elle lui prit la main en murmurant : « Ca va aller… ».

Une fois que Madame Dorsel l’eut appelé, le vétérinaire arriva en quelques minutes. Il habitait la grande maison à l’extrémité nord de Kernach, pas très loin de la villa des Dorsel. Pendant qu’il opérait, les quatre cousins furent envoyés dans la pièce à côté, non sans une avalanche de contestations. Ce n’est que lorsqu’ils furent seuls que Claude partagea avec eux, l’idée qui lui trottait dans la tête depuis que Mick était revenu de la librairie.
« Le comportement que Dagobert adopte depuis quelques jours, ne vous rappelle-t-il rien ? Depuis cet après-midi, je ne cesse d’y penser. Edmond ! Je suis certaine que c’est lui qui a manigancé tout ça ! C’est à cause de lui que Dagobert est souffrant ! J’avais raison de me méfier de lui ! »
Son visage s’empourpra. Et il fallut toute la diplomatie de François pour lui faire admettre qu’elle vendait un peu trop vite la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
« Demain, nous suivrons les tâches dans la neige » lui promit-il.
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Dim 16 Nov 2008 - 10:20

Serge 5


La soirée s'acheva un peu dans la morosité. Claude surveillait son chien qui boitait un peu, mais ne semblait pas trop affecté par sa blessure.
Avant de rentrer dans leurs chambres, les enfants discutèrent un instant sur le palier.
« Je me suis toujours méfié d'Edmond, dit Claude... Il a toujours voulu me prendre Dago !
- Voyons, Claude, dit François, tu te souviens pourtant qu'il a sauvé dag qui s'étouffait avec une balle ? Je reconnais qu'il est parfois agaçant... Mais ce n'est pas un mauvais garçon.
- N'empêche, je suis certain que c'est lui qui charme Dagobert et l'attire. Et Dagobert ne devrait pas le suivre...
- Il a un pouvoir sur les animaux, reconnut Mick.
- C'est vrai, reprit François, mais je me refuse à croire qu'Edmond puisse faire quelque chose de mal... Les personnes qui aiment les animaux sont rarement méchantes. »
Annie réconforta sa cousine, chacun se mit au lit, et Dagobert se roula en boule sur les pieds de Claude.
Le lendemain matin, pendant le petit déjeuner, tante Cécile informa les enfants que l’oncle Henri désirait les voir au salon.
« Que peut-il nous vouloir, dit Mick en enfournant un petit pain au lait ?
- Peut-être nous parler du tableau, bougonna Claude. Moi, je suis comme maman, cela ne me dit rien du tout, cette histoire.
- Ne nous mettons pas en retard, dit François. Inutile de mettre notre oncle de mauvaise humeur ! »
Dans le salon, Tante Cécile et Maria attendaient en silence. Le sapin brillait doucement de ses feux. Un feu de bois flambait dans la cheminée. Appuyé des deux mains sur la table, l’oncle Henri désignait un paquet du regard. Il enleva plusieurs couches de papier, et un petit tableau apparut.
« Oh ! murmurèrent Claude et Annie. Quel beau chien !
- Wouf, fit Dagobert en connaisseur.
- Tiens, Dagobert va mieux, dit l’oncle Henri… heu ! Oui, bref ! Où en étais-je… Claude ,voilà le trésor de ta grand-mère. Tu sais que tes ancêtres voyageaient beaucoup. Ton aïeul était marin. Ce tableau trouvé à Amsterdam a été peint par un maître flamand, Van Hondden. Comme tu le vois, il représente une scène de chasse, mais le sujet principal est ce très beau chien… Quoique qu’il ne soit pas très connu, ce tableau a une grande valeur. C’est pourquoi je vous ai demandé de garder le silence sur sa présence à la Villa des Mouettes.
« Il est très beau, dit Claude qui avait changé d’avis… Nous seront muets comme des carpes, tu peux compter sur nous. »
L’oncle Henri arbora un sourire. Puis il prit le tableau et se rendit dans son bureau.
Lorsque les enfants eurent fait leur lit et rangé les chambres, Claude demanda :
« Pensez-vous que Dagobert peut se promener avec nous malgré sa patte malade ?
- Probablement, dit François, mais il serait plus sage qu’il reste ici au calme.
- Il va être très déçu si nous le laissons, objecta la petite fille. »
Mais la mère de Claude fut d’accord avec François, et la fillette convint que cela était plus raisonnable.
« Tu ne voudrais pas que Dago soit encore handicapé pour Noël, » ajouta-t-elle, sûre de convaincre sa fille.
Claude eut un gentil sourire et embrassa sa mère, qu’elle aimait beaucoup.
« Sortons voir si les traces de Dagobert sont encore visibles, dit Mick. Il n’est pas retombé de neige, et comme il gèle dur, rien ne devrait avoir bougé.
- Mettez vos bottes fourrées et vos gros manteaux… et tâchez de rentrer à l’heure, » dit tante Cécile.
« Regardez, dit François un peu plus tard… On voit très bien les traces de pattes de Dago.
- Et ces petites traces brunes sont du sang séché, et voyez, elles nous emmènent vers la falaise, là où le chemin s’éloigne un peu de la côte, » ajouta Claude.
Les enfants avançaient bien, l’air était vif. Bientôt, le chemin commença à grimper entre des roches et des ajoncs qui, malgré l’hiver ouvraient quelques fleurs jaunes sous la neige.
C’était une petite route peu passagère, très agréable. Les enfants la connaissaient bien : elle passait devant la maison de madame Pichon… où devait aussi habiter Edmond. A cette évocation, Claude fit une grimace… Elle repensait à son chien blessé, et à Edmond qui avait cet étrange pouvoir sur les animaux.
Entre les rares maisons et la petite route poussaient des pins couverts de neige. C’était très beau. Claude regrettait l’absence de Dagobert et Annie, François et Mick devinaient les sentiments de leur cousine.
Ils songeaient tous aux événements récents.
« Pourquoi diable Edmond s’est-il enfui, dit Mick.
- C’est qu’il se sent coupable, répondit Claude ! Vous savez bien, quand nous le rencontrons, il veut toujours emmener Dagobert…
- Il te fait marcher, sourit Mick. Tu sais bien que Dago t’adore. Mais je reconnais qu’Edmond a été bien gêné en me voyant. »
On longeait un petit bois de pins, très sombre.
« Stop, dit soudain François… il n’y a plus de traces. »
En regardant de plus près, on retrouva la piste de Dago dans le petit bois. On s’avança dans de la neige plus haute, dans le bois plus sauvage, et soudain, Claude s’écria :
« Regardez, là, un petit hangar de tôles…
- Et c’est bien piétiné tout autour. »
Les enfants examinaient les lieux, et Mick montra aux autres une vitre brisée. Derrière la vitre, un vieil établi, sur lequel étaient brisées de vieilles bouteilles de verre brun.
« Voilà où Dago s’est blessé, dit Claude !
- Sûrement en voulant s’échapper par la vitre…
- On aurait voulu l’enfermer, dit Annie ?
- Il faut croire. »
On observa les lieux par le carreau cassé, car la porte était fermée. C’était un banal hangar où l’on entassait du bois, où l’on rangeait des outils, et qui était abandonné.
On ne vit rien d’intéressant.
- Qui a voulu garder Dagobert ici, » demanda Claude.
Mais personne ne put lui répondre.
Mick qui tournait autour du hangar annonça aux autres :
- Regardez, là, des traces de pas… elles partent dans l’autre sens…
- Alors suivons-les, dit Claude, j’ai tant envie de savoir… »
Les traces de souliers étaient assez faciles à suivre. C’était un petit sentier entouré de bruyères et d’ajoncs qui serpentait entre les pins.
Puis le paysage s’éclaircit, et on sortit du bois. Bientôt, on vit une maison. Les enfants la reconnurent aussitôt, c’était celle de madame Pichon…
- Vous voyez, dit François, on arrive par l’arrière de la maison, par la lande.
- Allons voir, dit Claude. Si Edmond est là, j’aurai quelques mots à lui dire. »
Comme Claude s’avançait, les autres lui emboîtèrent le pas. Mais la surprise fut grande : la neige autour de la maison était bien piétinée, mais la maison semblait sans vie. Pas de fumée au-dessus du toit, rien.
François s’avança, frappa à la porte, mais personne ne répondit. Il tourna la clenche, la porte était fermée.
Claude était dépitée. On fit le tour de la maison, mais il n'y avait aucune trace des habitants.
La maison était vide.


Dernière édition par Admin - Serge le Lun 1 Déc 2008 - 7:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Dim 16 Nov 2008 - 17:01

George 6

« Regardez l´île interdite ! Aujourd´hui encore, elle me fait froid dans le dos, s´écria Claude !
- Oui, à moi aussi, répondit Annie, je n´ai vraiment pas envie d´y remettre les pieds ! Je suis sûre qu´elle est encore habitée par des malfaiteurs ou même des contrebandiers.
- Ne dis donc pas de bêtises, rétorqua-t-elle, tout ça, c´est de l´histoire ancienne, et puis d´ailleurs... »
Un cri l´empêcha de finir sa phrase. Les quatre enfants se retournèrent.
« Ohé, ohé ! criait quelqu´un en courant vers eux dans la neige.
- Mais, c´est Loïc , s´écria Claude, ravie. »
C´était bien le fils du pêcheur, leur fidèle ami qui leur était si souvent venu en aide.
« Si vous cherchez Mme Pichon, commença-t-il, elle... Il s´interrompit soudain en regardant autour de lui.
Mais où est Dagobert ? demanda-t-il, j´espère qu´il va bien ! L´inquiètude se peignit sur le visage du garçonnet qui avait pris soin de Dago lorsque Monsieur Dorsel n´en voulait pas à la Villa des Mouettes. Il savait que Claude ne se séparait jamais de son épagneul adoré.
- Il est blessé, lui répondit Claude, d´un air grave, c´est pourquoi nous l´avons laissé aux bons soins de Maman et de Maria.
- Que voulais-tu dire à propos de Mme Pichon, coupa François qui souhaitait éviter un nouveau couplet sur la santé – au demeurant excellente – de leur cher compagnon.
- Euh, rien de spécial, je vous ai vus devant sa maison, c´est pourquoi j´ai pensé que vous la cherchiez peut-être.
- Alors, demanda Mick impatient.
- Eh bien elle n´est pas là, elle est partie il y a quelques jours déjà chez sa fille dans le sud.
- Cette personne est la mère d'Edmond ? demanda Annie
-Non, je ne crois pas... vous savez, Edmond est orphelin, enfin, il a perdu sa mère, et son père travaille à l'étranger. Madame Pichon était bien embêtée, mais c'était urgent !... Je crois qu'Edmond est chez un vague parent..."

Voilà qui est curieux, pensa François, le regard rivé sur la neige piétinée devant la porte de la chaumière biscornue. Si la vieille dame était partie depuis plusieurs jours, comment pouvait-on expliquer les nombreuses traces d´allées et venues dans la neige ? Un coup d´oeil jeté aux autres lui confirma qu´ils avaient eu la même pensée.
« Et Edmond, tu l´as vu, demanda-t-il d´un ton léger à Loïc , ne voulant pas le mettre dans le secret de leur découverte.
- Non, pas depuis les vacances de la Toussaint, répondit-il.
- Claude, s´écria soudain Annie, tu ne crois pas qu´on devrait rentrer ?
François regarda sa montre et acquiesça. Ils saluèrent Loïc et se mirent en route vers la Villa des Mouettes. Silencieusement, la petite troupe progressait dans la neige. Chacun réfléchissait au mystère qu´ils venaient de découvrir. Voyant que sa petite soeur commençait à avoir de la peine à avancer, François lui prit la main en lui souriant pour l´encourager.
Enfin ils virent apparaître la cheminée fumante de la Villa des Mouettes.
« Courage, Annie, nous y sommes presque ! fit François d´un ton enjoué.
- Ah, il me tarde de retrouver Dago, j´espère qu´il s´est bien reposé, cria Claude, qui se mit à courir. » Ses cousins la virent se précipiter dans la maison avec ses bottes pleines de neige, puis entendirent les cris de Maria. Ils éclatèrent de rire.
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Sally
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Dim 23 Nov 2008 - 10:56

Sally 7


En entrant dans le vestibule, les trois cousins virent Claude accroupie et munie d’un chiffon, occupée à nettoyer les paquets de neige sale qu’elle venait de laisser avec ses bottes. Dagobert tournait autour d’elle comme une toupie en aboyant comme un fou.
« Claude, veux-tu bien faire taire ce chien ! » tonna soudain la voix de l’oncle Henri sortant en trombe de son bureau. « Cécile ! Je ne peux pas travailler dans des conditions pareilles … » continua t-il excédé.
Sortant de la cuisine, Madame Dorsel eut tôt fait de ramener le calme :
« Voyons, Henri ! tu as été parfaitement tranquille toute la matinée. C’est l’heure du déjeuner à présent. Les enfants, dépêchez-vous de vous laver les mains car nous passons à table tout de suite. Maria nous a préparé un bon pot-au-feu. »
Sitôt le repas terminé, Claude décida qu’il était temps de s’occuper de la patte de son chien et d’en vérifier la bonne cicatrisation. Aidée de sa mère et de Maria qui lui servaient d’assistantes, elle défit délicatement le pansement avant de baigner la patte dans une solution désinfectante. Après avoir tamponné la plaie, ce fut madame Dorsel qui remit en place une bande propre tandis que Claude couvrait son chien de caresses.
« Ma parole, ça donnerait presque envie de se blesser » fit Mick avec un sourire narquois, passant la tête à la porte de la salle de bain où se déroulaient les opérations.
-Toi, tu feras de l’esprit un autre jour, répliqua Claude en lui jetant un regard menaçant. »
Mick s’en alla, aussitôt remplacé par François : « Claude, dès que tu auras terminé, rendez-vous dans ta chambre » souffla-t-il avant de disparaître à son tour.

Cinq minutes plus tard, le club des cinq au grand complet se retrouvait dans la chambre des filles.
François prit la parole « Nous nageons à nouveau en plein mystère » fit-il avec un petit sourire. Il poursuivit avec un air plus grave : « C’est sérieux, car si Dago n’avait pas été assez malin pour s’échapper par la vitre du hangar, il ne serait peut-être pas avec nous dans cette chambre ».
Claude passa aussitôt son bras autour du cou de son chien et Annie blêmit légèrement.



« Récapitulons les faits, continua François : Dago se comporte de manière étrange et nous soupçonnons Edmond qui passe ses vacances à Kernach ou dans les environs puisque Mick l’a aperçu à la librairie.
- Mais il ne loge pas chez sa grand-mère puisque Loïc nous a appris qu’elle était chez sa sœur, ajouta Annie.
- Madame Pichon n’est pas là et nous avons trouvé des traces de pas autour de la chaumière mais le plus grave est que l’on a cherché à enfermer Dago acheva Claude, la voix frémissante de colère.

Elle fut interrompue par Madame Dorsel qui appelait du bas de l’escalier : « Téléphone pour Mick, Annie et François ! Leur maman voudrait prendre de leurs nouvelles … »
Tout joyeux, ils se précipitèrent et François s’empara du récepteur :
« Allo Maman ! …… oui, nous allons tous bien…. Oui beaucoup de neige …non…. Nous essayons de ne pas faire trop de bruit…
Au fait, maman, aurais-tu eu récemment des nouvelles de ta vieille amie madame Pichon ?..... Oui, nous sommes au courant. Et son petit-fils Edmond, sais-tu où il est ? Figure-toi que Mick l’a reconnu dans un magasin de Kernach l’autre jour.
….. Ah bon ? Sais-tu où il habite ?.... oui, je connais…. Peut-être…. Merci beaucoup maman ! … oui, nous aussi et embrasse bien papa de notre part…. »

Les yeux brillants, François raccrocha et se tourna vers les autres qui ne tenaient plus en place.
« Vite, dis-nous où habite Edmond » supplia Claude.
- Alors voilà, expliqua François, Edmond passe ses vacances de Noël chez son parrain, un monsieur très fortuné qui possède une maison située à quelques kilomètres de Kernach, dans le petit hameau de Lanvallec.
- Tu veux parler de cette superbe maison de maître à l’entrée du village ! fit Claude stupéfaite. Je plains Edmond, car cet homme est connu à Kernach pour se conduire en vrai mufle. Les commerçants ne peuvent pas le souffrir, ajouta t-elle.
- Et si nous y allions tout de suite ? proposa Mick. Rien n’est prévu pour cet après-midi il me semble.
- Ce sera sans moi, grogna Claude. Tu oublies que j’ai déjà abandonné Dagobert ce matin. Que va-t-il penser de moi si je le laisse à nouveau ? Quel ennui que cette blessure à la patte soupira-t-elle.

- Nous ferons simplement un petit tour de reconnaissance lui dit François pour la rasséréner. Et je suppose qu’Annie te tiendra compagnie ? ajouta t-il en souriant à sa sœur.

- Oh, oui ! vous ne me ferez pas ressortir cet après-midi ! Depuis la balade de ce matin, je n’en peux plus, avoua Annie. Dépêchez-vous car la nuit tombe vite, ajouta t-elle. »

Les garçons se hâtèrent de revêtir manteaux, gants et bonnets et constatèrent avec surprise que leur oncle et leur tante les imitaient.
« J’emmène votre oncle en ville faire les magasins, expliqua tante Cécile en souriant. Il lui faut absolument un chandail neuf pour les fêtes. Si vous sortez, les filles vont rester seules, car j’ai donné son après-midi à Maria » constata-t-elle.

« Tu as vu la tête de l’oncle Henri ? fit Mick en pouffant alors qu’ils montaient dans le car.
- oui, on le sentait accablé par ce qui l’attend, renchérit François. »

Quelques minutes plus tard, le car les déposait au carrefour de la petite route qui menait à Lanvallec et ils se remettaient en route en marchant à grands pas, car le ciel s'assombrissait déjà en ce milieu d'après-midi, annonçant de nouvelles chutes de neige.

« Que comptes-tu faire au juste, François, questionna Mick alors qu’ils arrivaient déjà en vue du hameau.
- Questionner Edmond si nous l’apercevons, répondit tranquillement François, tandis que son frère le regardait avec des yeux ronds. Regarde, je crois que nous y sommes !

En effet, quelques mètres après le panneau indicateur, un petit chemin quittait la route et on devinait au loin la présence d’une grande demeure enfouie dans la végétation. En s’approchant jusqu’au parc qui entourait la maison, les enfants restèrent pétrifiés. Bien qu'il fit déjà sombre, on distinguait de gros animaux immobiles recouverts de neige. Mick reconnu les silhouettes d’un éléphant et d’une girafe. Le portail était ouvert et ils se faufilèrent dans la propriété, courbés en deux. Peu rassurés, ils s’accroupirent derrière un arbuste. Pivotant sur sa gauche, François eut une vive émotion : un troupeau de cerfs semblait avancer droit sur eux.
« Fantastique ! Chuchota Mick en riant, tu as vu tous ces arbres taillés en topiaire. Il faut une armée de jardiniers pour entretenir de pareilles sculptures. »
Dans la pénombre, les ifs et les buis taillés donnaient au jardin une allure fantasmagorique. Soudain, une clarté leur fit lever les yeux. Des lumières venaient de s’allumer au rez-de-chaussée de la maison.
« Parfait ! Souffla François, je vais aller jeter un coup d’œil à l’intérieur. Attends-moi ici, Mick. De longues minutes passèrent. Mick sursauta en entendant des merles qui sautaient de branche en branche puis en apercevant un gros chat roux qui se promenait tranquillement entre les buis en spirale. Pas étonnant, avec Edmond dans le coin, maugréa-t-il en se frottant les mains pour les réchauffer.
De légers craquements l’avertirent que François revenait.
« Extraordinaire ! Chuchota celui-ci retrouvant sa place près de Mick. J’ai pu voir le salon. Un vrai musée ! Une quantité de tableaux et de sculptures incroyables ! Je me demande quel métier exerce le parrain d’Edmond pour pouvoir s’offrir de telles œuvres d’art ! »
Mick s’apprêtait à lui répondre quand des cris rauques assortis de bruissements d’ailes leur firent lever la tête. Une nuée d’étourneaux, tel un nuage noir, se dirigeait dans leur direction. Ils s’abattirent bruyamment dans un grand châtaignier situé à côté de la maison.
« Qu’est-ce que c’est que ce cirque ! » fit François nerveusement. C’est alors qu’ils perçurent le son léger et mouvant de la flûte.
« Mon Dieu, ce doit être Edmond ! Il est dehors » chuchota Mick d’une voix angoissée.
- Eh bien, mon cher Edmond, tu arrives à point pour une petite conversation, siffla François entre ses dents serrées. Regarde, Mick, il traverse le parc en regardant sous les arbres.
- Il cherche peut-être le chat que j’ai aperçu tout à l’heure, fit Mick.
- Il va être très surpris mais nous ne pouvons pas laisser passer une si belle occasion. Allons-y, Mick, ordonna François.


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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Dim 30 Nov 2008 - 21:06

Calliope 8


Les deux garçons soignèrent leur entrée en surgissant face à Edmond de derrière un magnifique serpent en feuillage. Ce dernier ne parvint pas à étouffer un cri de surprise, faisant s’envoler les oiseaux qui s’étaient posés à proximité. Mick et François ne le laissèrent pas se remettre de ses émotions. Après l’avoir salué d’un ton rogue, ils le submergèrent d’un flot de paroles continu :
« Nous avons quelques questions à te poser Edmond, engagea François
- Qu’est ce que tu mijotes ?, ajouta son frère, plus vif
- Mick veut dire par là que nous sommes allés chez ta grand-mère pour prendre de tes nouvelles après que tu te sois sauvé en voyant Mick, mais maman nous a appris que tu étais ici… »
Edmond ne savait plus que penser entre la gentillesse de François, et le ton moins amical de Mick :
« Claude n’est pas avec vous ? leur demanda-t-il simplement.
- Non, Dagobert est blessé. Elle est restée s’occuper de lui avec Annie. »
Contre toute attente, Edmond fondit en larme, il prit sa tête dans ses mains, et ne cessa de répéter « Je suis désolé » que lorsque François lui eut tapoté le bras en guise de réconfort. Le jeune garçon sécha ses larmes et ramassa son pipeau qui lui était tombé des mains. Il attira les deux frères à l’ombre d’une topiaire.
« Il faut que je vous parle. Discrètement.
-En effet, je pense que nous avons droit à quelques explications ! s’insurgea Mick
-Mon oncle… Il est… Enfin… Je crois qu’il est tout simplement mauvais. Il n’aime pas les bêtes. »
Il avait dit cela comme si c’était pour lui le meilleur indicateur de la bonté d’un homme, ce qui conforta François dans son jugement : Edmond était un bon garçon malgré ses airs de méchant.
« Il sait pour le tableau. »
Mick et François échangèrent un regard interloqué. Ainsi, le secret de l’oncle Henri n’était pas si bien gardé que cela.
« Il suivait déjà l’affaire alors que le tableau n’avait pas quitté la maison de la grand-mère de Claude. Alors quand il a appris qu’il allait être envoyé ici, il a pris ça comme un cadeau du ciel. Seulement, il y avait ce maudit chien, comme il disait toujours. Je ne voulais pas l’aider. Je vous le jure. Mais… »
Avant qu’il ne se remette à pleurer, François l’interrompit. Ils n’avaient pas le temps pour ça.
« Continue Edmond !
-Mais… Mais… Il m’a prit Europe.
- Europe ? questionna Mick
- Une petite chienne, un peu setter, un peu fox terrier, unique en son genre. Ma grand-mère me l’a offerte pour mon anniversaire l’an passé. Depuis, elle partage toute ma vie. Mais il y a deux semaines, je ne l’ai pas trouvée au pied de mon lit. Si vous saviez comme j’ai pu la chercher. Et puis, j’ai abandonné. Maminette est partie dans le sud et j’ai été envoyé ici, à ma plus grande surprise. Je ne sais toujours pas comme il a fait pour la convaincre de me laisser ici ! Quoi qu’il en soit, la première nuit, j’ai entendu des hurlements plaintifs qui venaient de la cave. Je savais que c’était elle. Et lorsque je suis descendu, je l’ai trouvé enfermée dans une cage fermée par un gros verrou. Mon oncle est arrivé au même moment, une clé à la main, et il m’a dit que si je voulais récupérer ma chienne, j’allais devoir faire ce qu’il me disait. Il m’a tout expliqué : le Van Hondden, Dago, et le cambriolage…
-Le cambriolage ? l’arrêtèrent Mick et François d’une même voix
-Oui, il avait besoin que j’éloigne Dagobert de la maison pour pouvoir voler le tableau. Je ne voulais pas qu’il se blesse. Je ne voulais même pas le laisser seul, mais j’ai repensé aux yeux suppliants d’Europe, et… Enfin, il a décidé de voler le tableau.
-Quand ?
-Aujourd’hui… »
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Mar 2 Déc 2008 - 14:46

Serge 9

François songeait que le jour et l’heure étaient bien choisis, car il ne restait que Claude et Annie à la maison. Mais bien des choses lui échappaient. Le parrain d’Edmond savait-il que Dago était aux Mouettes ? Il comprenait que l’oncle Henri avait été bien imprudent… Le tableau avait été enfermé dans une solide commode paysanne… car il n’aurait pas tenu dans le coffre. Mais chacun pensait que le secret était bien gardé. On n’avait pas cherché plus loin.
« Où est ton parrain, Edmond, il faut nous aider ! Tout nous raconter, murmura Mick
– Il est parti… il n’est presque jamais là… Je suppose qu’il espionne les gens…
– Tu n’es pas seul ici ? Pourquoi cette lumière dans la maison ?
– Son domestique, Renan, un type horrible, garde la maison. Cet homme est brutal et violent… Mon parrain, lui, est plus sournois, et très intelligent… Un visage glacial. Quand il veut sourire, c’est une grimace que l’on voit. Cela vous donne froid dans le dos.
– Mais pourquoi ta grand-mère t’a-t-elle envoyé chez lui ?
– Ma mère, mon père…Enfin, je suis orphelin. Mon parrain est enjôleur, vous savez, et bon comédien… et c’est mon seul parent. Mamie a crû bien faire. Il a promis qu’il m’aiderait à retrouver Europe… et c’est lui qui l’avait capturée. Quand je suis arrivé ici, il a abattu son jeu, et m’a fait chanter… Je l’aidais, et il me rendait Europe. Mon parrain connaît mes dons…Il m’a demandé si je pouvais attirer un chien, l’apprivoiser. J’ai eu peur quand j’ai découvert qu’Europe n’était plus dans sa cage. Il l’avait emmenée ailleurs… Si je ne l’aidais pas, je ne la reverrais jamais. »
François avait pitié du garçon. Mais il fallait passer à l’action. Annie et Claude étaient seules, tante Cécile ne rentrerait que vers sept heures, peut être huit. Le parrain rôdait peut-être autour des Mouettes…
« Veux-tu nous aider, dit François.
– Oui, je veux bien… c’est …c’est tellement bon de ne plus être seul. »
François et Mick réfléchissaient. Le parrain d’Edmond ignorait que Dagobert était libre… Mais à l’heure qu’il était, il rôdait probablement autour des Mouettes, attendant le moment propice… l’absence des habitants… ou bien la nuit…
« Donc, résuma François, voilà comment je vois les choses… Ton parrain connaît ton pouvoir pour apprivoiser les animaux… Par des complices, il sait qu’un tableau de valeur va être transféré à la Villa des Mouettes… Il s’est renseigné, et il sait qu’un gros chien est présent dans la maison pendant les vacances. Il sait aussi que le maison n’est pas très bien protégée…Il pense à toi pour attirer Dagobert, et le faire disparaître. Ainsi, la maison ne sera pas gardée… et les habitants seront déstabilisés par la disparition de la bonne bête. »
Les enfants commençaient à ressentir le froid. Edmond écoutait tristement, tandis que Mick suivait les explications de son frère. Il intervint et ajouta :
« Là-dessus, ta grand-mère doit s’absenter… et ton « Europe » disparaît, enlevée par ton parrain. Il propose généreusement de te garder pour les fêtes… et t’annonce qu’il va rechercher avec toi ta petite chienne.
– Oui. C’était bien imaginé, car je croyais qu’il pourrait m’aider…
– et en arrivant ici, tu découvres ses vraies intentions… »
Les trois garçons étaient affligés. Mick pensait à la maison de madame Pichon, au hangar dans les bois… Il ne comprenait encore pas tout.
« Tu as donc commencé à nous suivre… pour attirer Dagobert ?
– Oui, avoua Edmond, un peu honteux. C’est à ce moment que j’ai compris que le chien que je devais attirer était Dagobert. Au début, il est venu vers moi. Mais il hésitait. Il aime tant Claude… je le comprends, maintenant que j’ai…que j’avais… une petite chienne » dit-il entre deux sanglots…
Mais Dagobert ne voulait pas rester avec moi. Mon parrain me pressait. Vous comprenez, je pensais que Dagobert serait seulement gardé quelque part. Que je pourrais m’en occuper.
Puis Dagobert a fini par venir, par rester près de moi…et mon parrain lui a jeté une boulette de viande pour l’endormir.
– Pourquoi n’a-t-il pas enfermé Dagobert dans la maison de ta grand-mère ?
– Il craignait le bruit…vous savez que la route passe devant la maison. On aurait pu s’étonner d’entendre un chien hurler dans une maison vide. Il a donc conduit Dagobert dans les bois. Il y a un petit hangar qui nous appartient, continua Edmond. Il m’a ordonné de ne plus m’occuper de Dago.
– Mais ton parrain ne s’est pas occupé de Dago aussi bien qu’il l’avait promis… dit François, et il n’a pas fait attention au carreau cassé ! Dagobert s’est échappé, en se blessant sur de vieilles bouteilles cassées… Mais il est bien soigné et va déjà mieux… ne t’inquiète pas. Bon… Maintenant, qu’allons nous faire ?
– Il faut retourner aux Mouettes, jeta Mick, essayer de voir si ton parrain surveille la maison, et retrouver Annie et Claude.
– Et Europe ? fit Edmond.
– Nous ne pouvons pas la rechercher maintenant. Tu comprends, il faut agir… peut-être prévenir la police.
– Oh, non, supplia Edmond… Renan a peut-être reçu l‘ordre de se débarrasser de ma chienne…»
François réfléchit un moment et décida :
« Nous allons retourner discrètement à la villa des Mouettes…
Edmond, le domestique de ton parrain va-t-il s’inquiéter de ne pas te voir ?
– Non, cet homme ne s’occupe pas de moi. Il est presque toujours dans la cuisine… parfois il boit. J’essaie toujours de l’éviter. C’est un sale type qui ne parle que par monosyllabes, ou par des grognements…
– Nous pourrions l’enfermer dans la maison, suggéra Mick ?
– Non, trancha François… cela pourrait lui mettre la puce à l’oreille. Partons. »
Il était près de quatre heures de l’après-midi. Le froid devenait vif. Il faisait presque nuit. La neige se mit à retomber. Les enfants s’ébrouèrent et se mirent en marche. Ils décidèrent de ne pas prendre le car malgré le long chemin. Il aurait fallu attendre trop longtemps. Avec la nuit qui venait vite en ce mois de décembre, et les nuages épais, la neige commençait à geler… Parfois les enfants glissaient et se rattrapaient les uns aux autres. Il y eu même quelques rires, et pour la première fois, Edmond se dérida. François lui serra le bras en guise d’encouragement. Il savait toujours réconforter les autres quand il le fallait.
Bientôt, on traversa le village presque désert. Des lumières brillaient derrière des fenêtres ou des gens heureux préparaient Noël. La nuit était tombée.
« Maintenant, prudence, dit françois. Regardons bien à droite et à gauche, partout où quelqu’un pourrait se dissimuler. »
Assez isolée, la grande demeure des Dorsel était bâtie sur une dune basse, bien plantée. Un côté donnait sur la route, après un petit jardin de devant. L’autre côté donnait sur la mer, mais un grand jardin bien abrité, bordé de troènes et de tamaris le séparait de la dune proprement dite. Puis c’était la mer. Des chemins bordaient la propriété.
« Avançons doucement, évitez de faire du bruit… Il y a peut-être notre homme, ou un véhicule de garé pas loin. »
La neige tombait dru. De loin, les enfants devinèrent une lueur dans le bureau de l’oncle Henri… juste un feu de bois dans la cheminée…
« Contournons la maison, dit Mick »
Les enfants s’engagèrent dans le premier chemin. En regardant à travers la haie, on voyait les fenêtres de la cuisine. Maria n’était pas rentrée. Seule la lueur du fourneau rougeoyait. Puis les enfants passèrent derrière la maison. Dans une chambre, la lumière brillait.
« La chambres des filles, souffla François. Je suis certain qu’elles sont là toutes les deux avec Dagobert. Continuons… »
Il n’y avait plus qu’à revenir vers la route de l’autre côté de la maison… C’était à la fois un chemin qui menait à la mer, et un terrain inculte…
« Regardez, jeta Mick, les traces d’une voiture… elle sont toutes fraîches.
– Et il y en a dans les deux sens murmura Edmond
– Je comprends, dit Mick, la voiture a été au bout du chemin faire demi-tour. Tâchons de voir si elle est garée plus loin. »
Ils remontèrent vers la route. Et François et Edmond butèrent contre Mick qui s’était arrêté brutalement.
« Là, ce véhicule sur le côté du chemin, abrité sous les arbres…
– La grosse voiture de Renan, souffla Edmond.
– Alors ton parrain est sûrement ici, dit François.
– Qu’allons-nous faire, demanda Mick ? »
François hésitait. Le parrain d’Edmond était-il armé ! Comment le savoir. Qu’en pensait le garçon… François posa la question.
« Je ne crois pas, répondit Edmond… Vous savez, j’écoute parfois ce qu’ils se disent, lui et Renan. Mon parrain se moque des voleurs qui utilisent des armes. De bons voleur, dit-il, on fait une belle carrière sans jamais brandir une arme.
– C’est ce que je voulais savoir… Il faut agir ! S’il n’a pas d’arme, avec Dagobert, même blessé, on peut le capturer… Mais d’abord, il faut savoir s’il est encore dans la voiture ou s’il rôde autour de la maison.
– Je crois qu’il est encore dans la voiture, dit Edmond… Je vois une lueur dans la voiture… une cigarette sûrement… »
François réfléchit un moment, puis ordonna :
« Mick, tu retournes derrière la maison, tu attires l’attention des filles, jette des cailloux dans les vitres, enfin débrouille-toi. Il faut prévenir Claude et Annie de descendre à notre appel avec Dagobert. Edmond, tu viens avec moi, on va suivre ton parrain, voir ce qu’il fait. »
Mick disparut discrètement dans le noir. Quelques instant plus tard, (il attendait sans doute la nuit noire) le parrain d’Edmond sorti de la voiture, un grand sac à la main. Edmond et François pensèrent que ce sac contenait certainement la panoplie du parfait cambrioleur. Dans la neige, les pas des garçons étaient silencieux.
« Pourvu que Mick parvienne à prévenir les filles ! Nous avons besoin de Dago… Monsieur le parrain d’Edmond, vous allez être bien surpris de voir que Dagobert n’est plus enfermé dans le hangar du bois.

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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Jeu 4 Déc 2008 - 16:05

„Allez, viens Edmond, murmura François, dépêche-toi !
Je ne peux pas, j´ai bien trop peur, répondit le garçonnet, les jambes flageolantes.
- Reprends-toi, fit sévèrement François, je ne te savais pas si pleutre. “
Offensé, Edmond ne répondit pas, mais se secoua un peu et se mit enfin en marche.

En silence, les deux enfants suivirent à distance raisonnable le parrain qui avançait lui aussi prudemment en s´éclairant avec une lampe de poche qu´il avait recouverte d´un mouchoir ou d´un tissu quelconque pour en atténuer la lumière. Ils le virent s´arrêter devant la porte de la cuisine et sortir de son sac un petit objet qu´ils ne purent identifier.

„Regarde, il va fracturer la serrure, souffla François, indigné.“ Il savait évidemment que le parrain allait chercher à s´introduire dans la villa, mais le voir entrer par effraction chez son oncle et sa tante le révoltait. Il réfléchissait au meilleur moyen d´agir lorsqu´il entendit derrière lui un très léger sifflement.
„Mick, c´est toi ? demanda-t-il
- Oui, j´ai réussi à prévenir les filles. Si tu avais vu l´air furibard de Claude ! pouffa son frère, elle était furieuse qu´on les ait laissées si longtemps seules. Heureusement qu´elle était obligée de murmurer, sinon on l´aurait entendue jusqu´à l´île de Kernach.
- Mick, ce n´est pas le moment de plaisanter, fit François, dis-moi plutôt ce dont vous êtes convenus !
- D´abord, Claude va faire tout son possible pour empêcher Dago d´aboyer. Annie voulait qu´on appelle la police, mais le seul combiné téléphonique est dans le hall et c´est trop risqué pour les filles. Tout compte fait, je leur ai dit de rester dans la chambre et de s´y enfermer à double tour. Tu penses bien que Claude n´était pas d´accord, mais elle a fini par céder. Et vous, quoi de neuf ?
- Regarde toi-même, dit François, dont la voix frémissait de colère.“ En effet, l´oncle d´Edmond était parvenu à entrer dans la cuisine sans bruit et ils pouvaient voir à travers le carreau le mince rai de lumière balayer les murs de la cuisine, puis disparaître.
„ Nous n´avons pas le temps d´échaffauder un plan, reprit-il, il faut le suivre, on ne peut pas laisser les filles seules dans la maison avec ce gredin. Comme nous, il a certainement vu la lumière dans leur chambre. Qui sait ce qu´il mijote ! Allez, vite, suivez-moi. „

Les trois garçons, frigorifiés d´avoir attendu dehors dans la neige, s´approchèrent donc à leur tour de la villa et entrèrent dans la cuisine, contents de sentir un peu de chaleur. Ils se débarrassèrent de leurs lourdes bottes enneigés, qu´ils déposèrent sans bruit au coin du fourneau.
„ Je passe le premier, dit soudain Edmond, à la surprise de ses deux compagnons. “ Visiblement, il lui tenait à cœur de prouver qu´il pouvait lui aussi être courageux.
„Non, Edmond, l´arrêta François, tu ne connais pas la maison, c´est moi qui vais passer le premier, mais bravo pour ton courage ! Je savais qu´on pouvait compter sur toi ! "
Edmond se rengorgea, ravi qu´il fît nuit et que les autres ne vissent pas ses joues s´empourprer. Au moment où François mettait la main sur la poignée de la porte pour ouvrir celle-ci doucement, une voix moqueuse leur fit dresser les cheveux sur la tête.
„Voyez-vous ça, nos fins limiers pris au piège ! “ Renan braqua sa lampe-torche sur eux, reprenant d´un ton plus dur : „Vous allez regretter d´avoir mis votre nez là-dedans. Toi le premier, ajouta-t-il en se saisissant d´Edmond par l´épaule, ce qui fit réagir François, qui se jeta sur le bandit.
„Lâchez-le immédiatement ! Et quittez la maison de mon oncle ! „
Tout ce bruit avait bien sûr alerté le parrain qui ouvrit soudain la porte de la cuisine, attrapant Mick violemment par le poignet avant qu´il eût le temps de réagir, tandis que Renan tenait les deux autres qui se débattaient comme des diables.


Dernière édition par Georgina le Jeu 18 Déc 2008 - 18:12, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Lun 8 Déc 2008 - 22:52

Sally 11

« Allez, Renan, ne traîne pas, les parents des mioches vont revenir par le car de 19 heures, nous n’avons qu’une petite heure devant nous » fit le parrain d’une voix sourde. Ce disant, il sortit de sa poche plusieurs cordelettes qu’il jeta sur la table devant les yeux consternés des garçons. Sans ménagement, il obligea Mick à s’asseoir sur une chaise. Le pauvre Mick protesta et gémit quand l’affreux bonhomme lui tordit les bras derrière le dos et le ficela de manière très serrée, avec une rapidité surprenante. Dès qu’il eut terminé, il s’occupa d’Edmond de la même façon tout en lui murmurant : « je savais qu’on ne pouvait pas te faire confiance… tu vas le regretter, mon petit ami», ajouta t-il avec un rire étouffé. De son côté, Renan, d’une poigne de fer, faisait subir le même sort à François qui, blanc de rage, avait renoncé à se débattre. En quelques minutes, les trois garçons se retrouvèrent ligotés sur leurs chaises. Le parrain d’Edmond les contempla et eut un petit ricanement sardonique.
« On les bâillonne, patron ? demanda le domestique, sortant du sac un rouleau de gros ruban adhésif.
- Oui, mais pas avant qu’ils nous aient fourni un petit renseignement qui a toute son importance, et nous facilitera beaucoup la tâche ... » susurra le parrain d’Edmond avec un rictus. Et se penchant à l’oreille de François, il lui murmura, tout en détachant soigneusement les syllabes « Où se trouve le tableau ? »
Bien qu’assez effrayé, François s’arma de courage avant de répliquer d’une voix forte : « si vous croyez que je vais vous le dire, eh bien, vous vous trompez, espèce de fripouille !
- Veux-tu parler moins fort, garnement, fit vivement le parrain d’Edmond en lui donnant une tape sur la tête : « je te préviens : si les demoiselles qui sont là-haut osent pointer le bout de leur nez, je leur ferai un mauvais parti, ajouta t-il avec un regard mauvais vers son acolyte ».
Mais rien ne bougeait dans la maison, et François et Mick se demandaient ce que fabriquaient Claude et d’Annie. Claude attendait t-elle le moment propice pour lancer son chien sur les bandits ? Et Dago, avec sa patte bandée serait-il aussi effrayant et efficace qu’à l’accoutumée ?
« Peux-tu me dire où se trouve ma chienne ? », demanda soudain Edmond qui semblait terrorisé et dont les yeux étaient brouillés de larmes.
Une lueur de triomphe passa dans les yeux du parrain.
« C’est bien simple, ton chien est drogué et enfermé dans le coffre de la voiture de Renan qui devait s’en débarrasser. Si tes petits amis me disent où est caché le tableau, je te rends ta sale bestiole … sinon…je te laisse imaginer la suite » siffla t-il d’un ton lourd de menaces.
« C’est bon, je vais vous le dire, mais à la condition que Renan aille chercher cette pauvre bête aussitôt après », dit François, ému par le visage bouleversé d’Edmond. Le tableau se trouve dans le dernier tiroir de la grosse commode du salon ».
- « Tu les bâillonnes à présent », jeta le parrain à son domestique en quittant précipitamment la cuisine.
Renan s’empara du rouleau d’adhésif avec un sourire mauvais. Il commençait à en appliquer un large morceau sur la bouche d’Edmond quand un énorme fracas l’interrompit. Ils entendirent des cris perçants assortis d’une série d’aboiements sauvages. Renan s’arrêta, comme paralysé de frayeur. « Qu’est-ce que ça veut dire, il n’y a pas de chien ici » bredouilla –t-il, perdant en un instant toute sa morgue.
Au même moment, les enfants perçurent au dehors les voix de tante Cécile et d’oncle Henri qui s’apprêtaient à entrer.
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Ven 12 Déc 2008 - 20:02

Calliope 12

Renan donna un coup, de rage, sur la table de la cuisine. Ainsi, ils étaient cernés ? Une lueur mauvaise traversa son regard. Par un chien, et deux gamines. Il y avait de quoi rire. Tante Cécile et oncle Henri étaient encore assez loin pour qu’ils aient le temps de fuir. C’était sous-estimer un chien blessé dans son orgueil canin ! Dans la pièce d’à côté, le spectacle était triste à voir. Enfin, du point de vue des malfaiteurs car il faisait beaucoup rire Claude et Annie. Dagobert avait renversé le parrain d’Edmond, et le maintenait au sol en aboyant, comme pour lui confier ce qu’il pensait de son attitude envers lui. Le voleur n’avait plus qu’à pester contre ce maudit chien.
« Sale bête !! Ne me touche… pas… Non… Arrête…
-Qui est pris qui croyait prendre, le railla Claude »
Le serviteur, dans un élan de courage insoupçonné, tenta d’aller à la rescousse de son maître. C’est le moment que choisir les parents de Claude pour tourner la poignée. Tante Cécile étouffa un cri de surprise. D’un réflexe maternelle, elle compta les enfants :
« Mais où sont François et Mick ? »
Avant que les filles n’aient pu lui répondre, on entendit des bruits de course dans la neige du jardin de derrière. Renan avait profité du trouble pour prendre ses jambes à son cou, et disparaître. Le parrain s’étaient relevé, et sans demander son reste, avait suivi son comparse, seulement, un pied tendu dans la pénombre le fit retourner par terre. Mick apparu goguenard dans l’encadrement de la porte :
« Un bon croque-en-jambe, classique, mais toujours efficace. »
Rassurée, madame Dorsel se jeta sur Mick, et sur son frère qui l’avait suivi. Les quatre cousins rirent de bon cœur, ils étaient passés à côté du pire. Dagobert se joint à eux d’un « ouaf » allègre. Même Edmond esquissa un sourire. Monsieur Dorsel ayant enfin cerné la situation, prit soin d’attacher l’individu étendu dans son salon, un peu sonné par sa chute, et appela la police.
« Ou est Renan ? s’enquit François
-Il s’est sauvé…
-Ma chienne !! s’écria Edmond
-Pourvu qu’il n’ait pas eu le temps de rejoindre sa voiture ! ajouta François en s’élançant vers la porte. »
Lorsqu’ils arrivèrent au niveau de la grosse allemande, ils trouvèrent un spectacle tout aussi cocasse que celui du salon ! Décidément, les chiens n’avaient pas fini de les surprendre aujourd’hui. Europe avait les crocs plantés dans le bras de Renan qui s’agitait dans tous les sens sans parvenir à la faire lâcher prise. Il avait voulu ouvrir le coffre pour y déposer le sac qu’il avait encore sur le dos, mais la chienne n’avait pas été du même avis, bien réveillée, elle l’avait attaqué par surprise, et le résultat fit bomber le torse d’Edmond ! Il avait de quoi être fier.
Sur ces entrefaites la police arriva. Une fois les menottes aux poignées, la petite chienne consentit à laisser sa proie pour aller câliner son maître qui essayait tant bien que mal de cacher les larmes qui s’échappaient de ses yeux.
Le chef de police s’approcha des enfants et leur glissa avec un sourire :
« Encore une belle prise à votre actif. »
Puis il partit donner main forte à ses hommes qui jetaient les deux malfrats dans le panier à salade. Le froid les poussa à tous rentrer se réchauffer dans la villa des Mouettes, où oncle Henri leur apprit que le lieutenant leur avait proposé de prendre leurs dépositions demain pour qu’ils puissent profiter comme il se doit du réveillon de Nöel.
« Bien sûr, tu restes avec nous Edmond, ajouta Madame Dorsel »
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Dim 14 Déc 2008 - 15:23

Calliope 12 bis


De rage, Conan asséna un violent coup de poing sur la table de la cuisine. Ainsi, ils étaient cernés ? Une lueur mauvaise traversa son regard. Pris par un chien, et deux gamines. Il y avait de quoi rire. Tante Cécile et oncle Henri étaient encore assez loin pour qu’ils aient le temps de fuir. C’était sous-estimer un chien blessé dans son orgueil canin ! Dans la pièce d’à côté, le spectacle était triste à voir. Enfin, du point de vue des malfaiteurs car il faisait beaucoup rire Claude et Annie. Dagobert avait renversé le parrain d’Edmond, et le maintenait au sol en aboyant, comme pour lui confier ce qu’il pensait de son
attitude envers lui. Le voleur n’avait plus qu’à pester contre ce maudit chien.
« Sale bête !! Ne me touche… pas… Non… Arrête…
-Qui est pris qui croyait prendre, le railla Claude » Puis
elle se précipita pour couper les liens des garçons, qui poussèrent un soupir de satisfaction et remercièrent la fillette
Le serviteur, dans un élan de courage insoupçonné, tenta
d’aller à la rescousse de son maître. C’est le moment que choisirent les
parents de Claude pour tourner la poignée de la porte. Tante Cécile étouffa un cri de surprise. Que ce passait-il à la Villa des Mouettes ? D’un réflexe maternel, elle compta les enfants. Ils étaient tous là, mais un désordre indescriptible régnait dans la maison
Soudain, on entendit des bruits de course dans la neige du
jardin. Renan avait profité du trouble pour prendre ses jambes à son cou, et disparaître. Dagobert ayant relâché sa surveillance, le parrain d’Edmond s’était relevé, et sans demander son reste, avait suivi son comparse.
Seulement, un pied tendu dans la pénombre l’envoya rouler sur le sol. Mick apparut goguenard dans l’encadrement de la porte :
« Un bon croque-en-jambe, classique, mais toujours efficace. »
Rassurée, madame Dorsel se jeta sur Mick, et sur son frère
qui l’avait suivi. Les quatre cousins rirent de bon cœur, ils étaient passés à côté du pire. Dagobert se joignit à eux d’un « ouaf » allègre. Même Edmond esquissa un sourire.

Monsieur Dorsel ayant enfin évalué la situation, prit soin d’attacher l’individu étendu dans son salon, un peu sonné par sa chute, et appela la police.
« Ou est Renan ? s’enquit François
-Il s’est sauvé…
-Ma chienne !! s’écria Edmond
-Pourvu qu’il n’ait pas eu le temps de rejoindre sa voiture ! ajouta François en s’élançant vers la porte. »
Lorsqu’ils arrivèrent au niveau de la grosse voiture allemande, ils trouvèrent un spectacle tout aussi cocasse que celui du salon ! Décidément, les chiens n’avaient pas fini de les surprendre aujourd’hui. Europe avait les crocs plantés dans le bras de Renan qui s’agitait dans tous les sens sans parvenir à lui faire lâcher prise. Il avait voulu ouvrir le coffre pour y déposer le sac qu’il avait encore sur le dos, mais la chienne n’avait pas été du même avis, bien réveillée, elle l’avait attaqué par surprise, et le résultat fit bomber le torse d’Edmond ! Il avait de quoi être fier.
Sur ces entrefaites la police arriva. Une fois que Renan fut menotté, la petite chienne consentit à laisser sa proie pour aller câliner
son maître qui essayait tant bien que mal de cacher les larmes qui
s’échappaient de ses yeux.
Le chef de police s’approcha des enfants et leur glissa
avec un sourire : « Bravo les enfant, vous avez fait du bon travail. »
Puis il partit donner main forte à ses hommes qui jetèrent
les deux malfrats dans le panier à salade. Le froid les poussa à tous rentrer se réchauffer dans la villa des Mouettes, où oncle Henri leur apprit que le lieutenant leur avait proposé de prendre leurs dépositions plus tard, pour qu’ils puissent profiter comme il se doit de la nuit de Nöel.
« Bien sûr, tu restes avec nous Edmond, ajouta Madame
Dorsel »


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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Mar 16 Déc 2008 - 22:21

Serge 13


Ce fut une belle cacophonie dans la maison. Les cinq enfants parlaient tous à la fois, tante Cécile tentait de ramener le calme, les chiens aboyaient tout en faisant connaissance. L’Oncle Henri se réfugia bientôt dans son bureau en se tenant la tête.
Quelques instant plus tard, Maria rentra à son tour, et le brouhaha recommença. Tante Cécile prit la fuite et rejoignit son mari dans son bureau.
« Maria, si vous saviez, hurla Claude.
– Je veux bien tout savoir, ma petite fille, mais je dois préparer le repas, et si vous continuez tous à m’étourdir ainsi, ce sont des briques que vous mangerez ce soir… heureusement que j’ai commencé à cuisiner avant de partir. Prenez cette boite de biscuits, et allez sagement au salon sans pousser tous ces cris perçants. »
Nul argument ne pouvait mieux calmer les enfants. On s’installa donc au salon, qui assis sur le tapis, qui allongé sur le vaste canapé, qui vautré dans un fauteuil. Seule Annie resta auprès de Maria et lui raconta les évènements. Puis la fillette rejoignit les autres.
Dago avait la tête posée sur les genoux de Claude. Europe ouvrait de grands yeux dorés tournés vers Edmond. La belle bête avait conquis tout le monde, et même Dagobert. Claude n’était plus jalouse, maintenant qu’Edmond avait sa jolie chienne.
« Quelle aventure, dit Mick. Que d’émotions !
– Et quelle joie, Claude, quand nous avons vu arriver Dagobert. Nous avions tellement peur que sa blessure ne l’empêche d’agir.
– Avec son pansement, il ne souffre presque plus. Sa blessure était plus impressionnante que grave. »
Il y eu un silence, puis la petite voix d’Edmond dit doucement :
« Je suis si heureux que Renan n’ait pas tué ma chienne. Il ne lui a pas donné assez de somnifère, et elle s’est bien vengée.»
Le garçon les regarda tous, caressa Europe, et ajouta, tourné vers Claude :
« C’est gentil à ton père et à ta mère de me garder ici avec ma chienne… je n’aurais pas su où aller.
– C’est la magie de Noël, répondit François. Vous rendez-vous compte que nous avions presque oublié que c’était bientôt Noël ? Nous avons encore une journée pour le préparer, et… »
Le garçon ne put finir sa phrase. On appelait pour le repas.
Dans la grande pièce principale des Mouettes, la table était mise. Une bûche rougeoyait dans la cheminée. Un sapin nu, qui touchait le plafond, occupait un angle. Les enfants n’avaient d’yeux que pour lui.
Le repas fut assez simple. On ne voulait pas se bourrer de plats trop lourds avant Noël. Il avait été convenu que l’on ferait une veillée le soir du 24 décembre… et le grand repas de fête aurait lieu le 25. Noël était une bien belle fête, songeaient les enfants.
Avant le dessert, l’Oncle Henri prit la parole :
« Mes enfants, j’ai des nouvelles à vous donner. La gendarmerie vient de me téléphoner… »
Se tournant vers Claude, il continua :
« Le tableau de ta grand-mère va rester ici. Notre maison est maintenant sous une discrète surveillance. Il ne rejoindra un coffre en ville que dans une semaine. Ce tableau, Claude, te reviendra plus tard. Ainsi en a décidé ta grand-mère. Quoique que tu décides, il  sera une aide précieuse pour ton avenir…»
Claude regardait son père dans les yeux… Elle se disait qu’elle garderait toujours ce beau tableau représentant un chien. Ses cousins suivaient le cours de ses pensées, et Edmond aussi. Ils n’en aimaient que plus la petite fille. L’oncle Henri reprit :
« Ton parrain, Edmond, et son complice Renan, sont derrière les barreaux d’une prison. Si le vol avait réussi, Il auraient disparu pour un pays étranger avec les choses volées les plus précieuses, des tableaux bien sur, mais aussi des objets d’art, et on aurait plus jamais entendu parler d’eux. Tu vas pouvoir respirer un peu maintenant, et passer quelques jours ici avec Claude, Mick, François et Annie. J’ai pu avoir ta grand-mère au téléphone. Elle regrette bien, la pauvre femme, de s’être laissée abuser par ton parrain. Mais elle est bien heureuse pour toi de te savoir ici. Sois le bienvenu, mon garçon. Je souhaite que tu n’oublies pas ce Noël qui aurait pu si mal finir.»
L’oncle Henri avait si bien parlé que ses neveux et sa fille l’applaudirent, et qu’Edmond alla l’embrasser. Tante Cécile était très émue, et Edmond s’en fut  aussi vers elle.
Maria, à l’entrée de la salle, essuyait une larme… si bien qu’Edmond l’embrassa aussi.
Tout le monde se mit à rire, et les deux chiens aboyèrent de joie. Pour une fois, l’oncle Henri ne protesta pas.
Un peu plus tard, chacun rejoignit sa chambre. Un lit avait été dressé pour Edmond dans la chambre des garçons. Allongé près des deux frères, l’enfant rayonnait : son Europe était couchée sur ses pieds. Quelle gentille famille, pensait l’enfant. Comme j’ai de la chance de les connaître. J’aurais pu passer un triste Noël… et me voilà ici avec ma chienne…
Une larme perla entre ses cils, qu’il écrasa du bout des doigts.
François éteignit la lumière. Il n’y eut plus aucun bruit dans les chambres des enfants. Malgré leur énervement, ils étaient tous brisés de fatigue.
Le lendemain, 24 décembre, le soleil brillait sur la nature toute blanche. Les enfants avaient tous le sourire. Un grande journée de plaisir commençait. Claude soigna son chien, puis les enfants se rendirent ce matin là dans le bois où Dagobert avait été emmené, puis enfermé dans le hangar. C’était un lieu où poussaient des pins, quelques feuillus qui scintillaient de givre, et des épicéas. A travers la neige, on voyait pointer parfois quelques fleurs roses de bruyère. C’était charmant. Les enfants cheminaient un sourire aux lèvres, les chiens gambadaient, et Europe suivait Dagobert comme s’il lui présentait les lieux. Une grande clairière retint la petite troupe un moment. Les herbes étaient comme des cristaux blancs, la neige immaculée comme une hermine blanche.
« Que c’est beau, murmura Annie » disant tout haut ce que tout le monde pensait.
On revint chargés de branches de houx garnies de baies rouges, de fragons élancés, de branches de gui aux perles d’opale.
L’après-midi fut consacré à la décoration du sapin, et tante Cécile laissa les enfants s’en occuper.
« François, tu feras attention à ce que personne ne casse rien… et surveillez bien les chiens, ajouta-t-elle en se retirant. »
Quelle joie d’accrocher les boules brillantes, les guirlandes d’or et d’argent, les décorations,  petits personnages, bonhommes de neige, étoiles, oursons… Puis en faisant bien attention, on mit en place de petits bougeoirs garnis de minuscules bougies.  
« On les allumera ce soir, murmura Annie… ce sera magnifique. »
Leurs yeux brillaient comme si des étoiles s’y reflétaient. On était heureux. L’arbre étincelait, et une bonne odeur de sapin se répandait dans la pièce.
« C’est très bien, dit tante Cécile quand elle revint. Vous avez fait du bon travail, c’est très joli. Ces bouquets de houx et de fragon sur la cheminée sont magnifiques. Et ce gui qui pend au plafond est délicieux. Maintenant, allez jouer dans vos chambres… Maria et moi avons à faire ici. »
Le reste de l’après midi se passa à confectionner des paquets, des cartes de vœux, à parler de Noël, de la belle aventure, des chiens qui étaient devenus de vrais amis. Puis les enfants, (et les chiens) allèrent rôder autour de la cuisine. Mais la porte était fermée… les enfants n’osèrent pas la pousser. François se mit a une fenêtre.
« regardez, il fait presque nuit, et la neige  tombe de nouveau.»
Tous s’approchèrent. De gros flocons tourbillonnaient, légers et innombrables. Il ne fallut pas longtemps pour que la nuit fut noire.
Le soir de Noël était là, tout proche.
Puis tante Cécile appela les enfants. On entendit un  air que  Claude, François, Mick, Annie et Edmond reconnurent, chanté par des chœur enfantins. C’était une chanson traditionnelle de Noël, belle et douce qui sortait du haut parleur d’un phonographe.
La salle à manger était dans le noir, le sapin brillait à la lumière des petites chandelles, une grosse bûche avaient été posées sur les braises, qui devait se consumer plusieurs jours. Et pas loin du sapin, posé sur un tréteau, éclairé par deux énormes  bougie de fête, le tableau magnifique luisait doucement.
« Oh ! firent-il tous. »
– Papa, quelle bonne idée, sourit Claude.
– Oncle Henri, c’est formidable, renchérit Mick
– Je savais que cela vous ferai plaisir… vous avez bien mérité de le revoir encore une fois. »
– Et regardez, dit Edmond tendant le doigt.»
Et l’on vit les deux chiens allongés près du tableau comme s’il admiraient leur splendide congénère peint par l’artiste van Honnden. Une braise éclata, des éclats dorés s’envolèrent dans la cheminée, comme des étoiles porteuses de joie et de bonheur.
Deux heures plus tard, heureux, fatigués, les enfants regagnèrent leurs chambres sans protester.
Le lendemain, jour de Noël vit l’échange des cadeaux devant le sapin, la matinée coupée de rire et de cris de joie, et le repas ou l’on mangea la dinde farcie et la bûche de Noël.
Mick, Annie et François regardèrent avec un sourire Claude et Edmond, caressant tour à tour leurs chiens, comme deux vieux copains.
« Quel beau jour qui amène  de si belle choses, conclut François en entourant tout le monde dans ses bras. Le club des cinq a bien de la chance. »




Dernière édition par Admin-Serge le Mar 11 Déc 2018 - 11:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Lun 10 Déc 2018 - 16:41

Bravo à tous j'ai adoré votre histoire!! Parfait du début à la fin.
Au début j'ai cru que le colis que recevait Oncle Henri était une bombe! Ouf ce n'était qu'un tableau de maître!
Je suis ravie d'apprendre que Claude a une grand-mère, il me semble que ça manquait dans l'histoire.
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MessageSujet: Re: Fanfiction No 1 (A plusieurs)   Mar 11 Déc 2018 - 10:54

Chazelle a écrit:
Bravo à tous j'ai adoré votre histoire!! Parfait du début à la fin.
Au début j'ai cru que le colis que recevait Oncle Henri était une bombe! Ouf ce n'était qu'un tableau de maître!
Je suis ravie d'apprendre que Claude a une grand-mère, il me semble que ça manquait dans l'histoire.

Merci, cela fait plaisir.
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